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Conseils de santé aux voyageurs

23 juin 2026 Pharmacie de la Paderne 27 min de lecture

Les voyages sont l’occasion d’être confronté à de nouveaux agents infectieux pour lesquels notre système immunitaire est naïf. Avant de partir en vacances, il est important d’identifier les facteurs de risque sanitaires qui peuvent être liés à la destination choisie, aux conditions de séjour (saison, activités sur place, modalités d’hébergement et durée) et à son propre état de santé. Il est donc important de s’informer avant de partir et de faire le point sur son statut vaccinal. De plus certains pays obligent de présenter un certificat international de vaccination, soit dans le cadre du Règlement sanitaire international -RSI- (vaccination contre la fièvre jaune ou la poliomyélite), soit du fait d’une exigence particulière du pays d’accueil (vaccination contre les infections invasives à méningocoque pour les pèlerins se rendant en Arabie saoudite…). N’hésitez pas à en discuter avec un professionnel de santé. Nous allons voir dans cet article les recommandations les plus courantes.

Quels vaccins dois je faire?

Chikungunya

Le virus Chikungunya est transmis par les moustiques du genre Aedes. En 2024, plus de 620 000 cas de chikungunya ont été rapportés à travers le monde, responsables de 613 décès, les incidences les plus élevées sont au Brésil et en Inde. En France, 766 cas ont été importés en 2025, la transmission pourrait se faire car un vecteur (A. albopictus) est présent dur le territoire.

Figure 1: Taux d’incidence du chikungunya dans le monde (données 2024)

L’incubation dure 5 à 7 jours, Les symptômes du chikungunya peuvent varier d’une personne à l’autre, mais les symptômes les plus courants sont :

  • fièvre élevée (supérieure à 38,5 °C)
  • douleurs articulaires intenses, souvent invalidantes, touchant principalement les petites articulations des mains, des poignets, des chevilles et des pieds
  • maux de tête fréquents
  • éruption cutanée au niveau du tronc et des membres
  • fatigue excessive
  • saignements des gencives ou du nez
  • inflammation des ganglions lymphatiques cervicaux
  • formes neurologiques graves dans certains cas, notamment chez les personnes âgées ou au système immunitaire affaibli.

Soixante dix pour cent des personnes ont des symptômes qui durent plus de 4 semaines jusqu’à 3 mois. Un tiers des patients infectés ont une évolution vers une forme chronique caractérisée par des douleurs articulaires, musculaires et une forte fatigue.

Il n’y a pas de traitement contre la phase aiguë. La prévention repose sur les mesures de protection contre les moustiques et sur la vaccination avec les vaccins Ixchiq (durée de protection 2 ans) et Vimkunya (durée de protection 6 mois).

La vaccination peut être réalisée chez les personnes âgées de plus de 12 ans selon un schéma à deux doses. Suite à l’observation d’effets indésirables chez des patients de plus de 60 ans, la vaccination avec le vaccin Ixchik n’est plus réalisée chez les plus de 65 ans. Les contre-indications à la vaccination sont l’immunodépression, et l’hypersensibilité au principe actif ou à un des excipients.

La vaccination n’est pas recommandée pour les séjours de moins de 6 moins en zone d’endémie. Elle peut être envisagée pour les séjours de plus de six mois de personnes ayant des comorbidités ou des antécédents d’arthralgie de préference avec le vaccin Vimkumia. Le tableau 1 recense les cas où la vaccination peut être recommandée.

Tableau 1: Recommandations des vaccins Ixchiq ® et Vimkunya® selon l’âge et les comorbidités.

La Dengue

La dengue est l’arbovirose la plus répandue dans le monde transmise par des moustiques du genre Aedes (Aedes aegypti dans les zones tropicales et intertropicales, Aedes polynesiensis dans le Pacifique, et Aedes albopictus, de distribution géographique plus large). Comme on peut le voir sur la figure 2, la Dengue est présente dans plus de 110 pays.

Figure 2: Taux d’incidence de la Dengue dans le monde

La maladie est asymptomatique dans la majorité des cas. Quand ils apparaissent, les symptômes sont en général bénins, les formes graves (choc, détresse respiratoire, syndrome hémorragique, atteinte viscérale) sont rares chez les voyageurs et mortelles dans moins de 0.1% des cas.

Recommandations vaccinales (pour les personnes de plus de 6 ans) :

La décision dépend de différents facteurs :

  • durée du séjour et épidémiologie locale (incidence > 100 cas / 100 000 personnes-années ou épidémie active).
  • âge
  • présence de  comorbidités augmentant le risque de formes graves : drépanocytose, autres hémoglobinopathies, hypertension artérielle compliquée, diabète, obésité, insuffisance rénale, affections cardio pulmonaires chroniques, thrombocytopathies, antécédents personnels de Dengue (confirmés ou probables)

La vaccination peut s’envisager pour tout séjour de plus de 4 semaines ou en cas de séjours répétés dans une zone où le taux d’incidence est supérieur à 100 /100 000  ou encore en cas de séjour, quelle qu’en soit la durée, dans une zone où une épidémie est avérée.

La vaccination est recommandée pour les personnes de 6 à 60 ans ayant des comorbidités ou sans comorbidités mais avec des antécédents personnels de Dengue.

La vaccination n’est pas recommandée pour tout séjour court (inférieur à 4 semaines) dans une zone avec un taux d’incidence supérieur à 100 /100 000 et sans épidémie active rapportée et pour tout séjour dans une zone où la dengue circule avec un taux d’incidence inférieur à 100 /100 000 et sans épidémie active rapportée.

Encéphalite japonaise

L’encéphalite japonaise est une infection virale transmise par des moustiques du genre Culex. L’encéphalite japonaise est la principale cause d’encéphalite virale dans de nombreux pays d’Asie, avec environ 100 000 cas cliniques estimés chaque année.

Elle est endémique dans 25 pays d’Asie et d’Océanie, avec un risque d’exposition pour les voyageurs en zones rurales et dans certaines zones urbaines (cf Figure 3).

Figure 3: Carte des pays d’Asie dans lesquels le virus de l’encéphalite japonaise a été identifié

Lorsque l’encéphalite japonaise est symptomatique (1 cas / 250 infections), les conséquences peuvent être graves : 

  • 1/3 des patients symptomatiques décèdent, 
  • 30 à 50% des survivants présentent des séquelles neurologiques permanentes (troubles moteurs, cognitifs ou comportementaux).1

Chaque année, plus de 3 millions de voyageurs quittent la France vers des destinations où l’encéphalite japonaise circule activement.

La prévention repose sur protection contre les moustiques et la vaccination. Ixiario est le seul vaccin disponible en France, la vaccination est recommandée chez les personnes âgées de plus de 2 mois dans les situations suivantes :

  • risque accru d’exposition : séjour (même court) dans une zone de transmission active (rizières/irrigation par inondation, proximité d’élevages de porcs, saison des pluies, période d’épidémie ou de circulation accrue chez les animaux).
  • expatriation ou séjours répétés dans un pays où le virus circule.
  • toute autre situation jugée à risque par le médecin (incertitudes sur la durée du séjour, les activités ou la destination exacte).

La vaccination n’est généralement pas recommandée pour les séjours limités aux grandes villes (ex. : Tokyo, Séoul, Shanghai, Bangkok, Kuala Lumpur…).

La première vaccination se fait selon un schéma en deux doses :

  • enfants 2 mois à 17 ans : première injection J0 puis rappel à J28 (faire des ½ dose = 0,25 mL avant 3 ans).
  • adultes 18-65 ans : première injection J0 puis rappel à J28
  • adultes > 65 ans : première injection J0 puis rappel à J28 (durée de protection plus courte).

La 2e dose doit être administrée au minimum 7 jours avant l’exposition pour garantir un protection dès le début du séjour.

Des rappels peuvent être nécessaires :

  • enfants : 1 rappel (3e dose) ≥ 12 mois après la primovaccination en cas d’exposition continue ou réexposition.
  • adultes 18-65 ans : 1 rappel ≥ 12 mois après primovaccination ; une 2e dose de rappel peut être envisagée 10 ans plus tard en cas de nouvelle exposition.
  • > 65 ans : Rappel à envisager avant toute nouvelle exposition (durée de protection plus faible).

Schéma accéléré (uniquement 18-65 ans) : première injection à J0 puis rappel à J7.

Encéphalites à tiques 

Cette maladie, causée par le virus TBE, est majoritairement transmise par une tique du genre Ixodes et plus rarement par la consommation de produits à base de lait non pasteurisé. En Europe, la maladie est en augmentation constante depuis plusieurs années. Les pays les plus touchés en 2023 sont :  la lituanie (597 cas), la Suède (596 cas), la Pologne (523 cas), la République Tchèque (513 cas) et l’Allemagne (474 cas). On observe depuis 2012 une extension vers le nord et l’ouest de l’europe. On observe une grosse variation d’une région à l’autre du fait de la complexité du cycle du virus.

La vaccination est recommandée pour les séjours en zone rurale ou boisée (jusqu’à 1 500 m d’altitude), du printemps à l’automne, en particulier avec activités de plein air (randonnée, camping, etc.). L’encéphalite à tiques est une maladie émergente en Europe avec une incidence en hausse, surtout dans les pays baltes et d’Europe centrale. Le risque pour le voyageur dépend fortement du type de séjour (rural/forestier vs urbain) et de la saison (mai-novembre).

Il existe deux vaccins inactivés Ticovac adulte (à partir de 16 ans), Ticovac enfant (de 1 à 15 ans) et Encepur. Le vaccin Ticovac nécessite 3 doses : à j0, entre 1 et 3 mois après la première puis entre 5 et 12 mois après la seconde dose. Un premier rappel est nécessaire après la troisième dose, les premiers rappels ultérieurs se font tous les 5 ans.

Le vaccin Encepur nécessite aussi trois doses à j0, entre j14 et 3 mois puis 9 à 12 mois après la seconde. Un premier rappel est nécessaire après la troisième dose, les premiers rappels ultérieurs se font tous les 5 ans.

Fièvre jaune 

La fièvre jaune est une maladie virale grave transmise par des moustiques qui peut entraîner des complications sévères et potentiellement mortelles. Elle est présente dans les zones tropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud. Plusieurs épidémies ont eu lieu en 2018 (416 cas au Tchad ; 1307 au Brésil) ou 2020 (529 cas en République démocratique du Congo (RDC)). En 2023, le nombre de cas est resté faible [59]. En Afrique, des cas ont été rapportés en Sierra Leone (160), au Soudan du Sud (104), en Côte
d’Ivoire (56) et au Nigeria (43) principalement. En Amérique, ils ont surtout été rapportés au Pérou(28), au Brésil (6), ou en Bolivie (5).

Les symptômes se déclinent en général en deux phases :

  1. Phase initiale dite « franchissable » : fièvre, douleurs musculaires et articulaires, nausées et vomissements, fatigue intense, manque d’appétit, courbatures.
  2. Phase sévère : fièvre élevée, malaise général accru, douleurs abdominales et vomissements sévères, jaunisse, sang dans les selles, évanouissements.

Le vaccin Stamaril est un vaccin vivant atténué qui permet l’obtention d’un Certificat International de vaccination. Il est disponible dans les centres de vaccination anti- amarile agréés par les agences régionales de santé et, en Guyane et dans certains cabinets médicaux. La vaccination contre la fièvre jaune est indispensable pour un séjour en zone endémique (régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du sud).

La vaccination peut être réalisée à partir de l’âge de 9 mois (exceptionnellement entre 6 et 9 mois, dans des circonstances particulières) selon un schéma à une dose au moins 10 jours avant le départ. La validité administrative du Certificat international de vaccination antiamarile est à vie (recommandation de l’OMS depuis le 11 juillet 2016).

Chez le voyageur, une 2e dose est recommandée avant un nouveau départ en zone d’endémie amarile dans les conditions suivantes:

  • à partir de l’âge de 6 ans et dans un délai maximal de 10 ans, pour les nourrissons ayant été vaccinés avant l’âge de 2 ans ;
  •  si la primovaccination date de plus de 10 ans, pour : les femmes ayant été vaccinées en cours de grossesse, les personnes vivant avec le VIH et les personnes immunodéprimées.
  • les personnes qui se rendent dans un pays où une circulation active du virus dans la population est signalée.

Le tableau 2 liste les pays pour lesquels le certificat international de vaccination peut être exigée.

Tableau 2: Pays et conditions où la vaccination contre la fièvre jaune peut être exigée

Fièvre typhoïde

La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse grave causée par la bactérie Salmonella Typhi. Ses symptômes sont :

  •  la fièvre qui est souvent le premier signe, elle peut atteindre parfois 40°C.
  • des éruptions cutanées : taches rouges apparaissent sur la poitrine et le ventre ressemblant à la roséole.
  • fatigue et malaise général avec parfois des douleurs musculaires et articulaires.
  • douleurs abdominales parfois accompagnées de diarrhée ou de constipation.
  • perte d’appétit.
  • grande fatique.

La vaccination est recommandée pour les voyageurs devant séjourner plus d’un mois dans des pays où le niveau d’hygiène est faible et la maladie endémique (principalement des pays d’Afrique et d’Asie orientale). Le vaccin Typhim est autorisé chez l’adulte et l’enfant de plus de deux ans. Un seule injection est à réaliser 15 jours avant le départ. Un rappel peut être réalisé tous les deux ou trois ans si le risque d’exposition est maintenu.

Hépatite A

L’hépatite A est une inflammation du foie causée par le virus VHA. Contrairement aux autres hépatites, elle ne devient jamais chronique et ne cause pas de lésions hépatiques permanentes. La transmission est dite orofécale c’est-à-dire par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales. La plupart des personnes contaminées sont asymptomatiques mais des symptômes peuvent apparaître après 2 à 6 semaines d’incubation. Ce sont le plus souvent :

  • fièvre légère
  • fatique importante
  • nausées, vomissements et perte d’appétit
  • douleurs abdominales
  • jaunissement de la peau et des yeux, selles claires et urines foncées

La vaccination est le seul traitement efficace, elle est recommandée dans tous les pays où l’hygiène est précaire. Elle est particulièrement recommandée chez les patients souffrant d’une maladie hépatique chronique ou de mucoviscidose.

En France, il y existe différents vaccins contre l’hépatite A :

  • vaccin monovalent (Havrix, Avaxim, Vaqta) : le première dose est à réaliser 15 jours avant le départ. Une dose de rappel est à administrer à partir de 6 mois après la première dose.
  • vaccin combiné hépatiteA/hépatiteB (Twinrix) : il nécessite 1 dose 15 jours avant le départ, une dose de rappel un mois après et une dose de rappel 6 mois après.

Hépatite B

L’hépatite B est causée par le virus VHB qui peut causer des lésions hépatiques permanentes (cirrhose ou cancer du foie). La transmission se fait par contact avec du sang ou des fluides corporels de personnes infectées lors de rapport sexuel ou de partage de seringues.

 Chez les voyageurs non immunisés, la vaccination contre l’hépatite B est recommandée pour des séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte (Afrique subsaharienne, Asie) ou moyenne prévalence (DROM- COM, Europe de l’Est et du Sud, Afrique du Nord, Moyen-Orient, sous-continent indien et Amérique du Sud) du portage chronique du virus de l’hépatite B.

La vaccination peut se faire dès la naissance selon un schéma vaccinal à 3 doses. Il existe plusieurs schémas possibles :

  • le schéma « classique » est une injection suivie d’une autre 1 mois après et d’une autre 6 mois après la première.
  • le schéma vaccinal accéléré avec 3 injections à J0, J7 et J21 suivies d’un rappel 12 mois après la première dose.

Infections invasives à méningocoque

L’infection invasive à méningocoques est une maladie causée par la bactérie Neisseria meningitidis, aussi appelée méningocoque. Elle peut avoir différents sérotypes (A, C, W, Y et B). Cette infection peut provoquer des complications potentiellement mortelles comme des septicémies ou des crises d’épilepsie. La maladie se transmet par les gouttelettes respiratoires ou par le contact étroit avec les sécrétions nasales et buccales d’une personne infectée. Les personnes infectées mais asymptomatiques peuvent également être des vecteurs de la maladie.

Les méningites sont plustrès présentes dans les pays en développement en particulier en Afrique de l’est et en Afrique de l’Ouest. L’introduction du vaccin MenAfrivac entre 2010 et 2020 a permis de faire diminuer l’incidence su sérotype A. Le profil microbiologique des méningites bactériennes a donc changé : on observe désormais, selon les zones, une prédominance de : Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis des sérogroupes X, W et C et Haemophilus influenzae de type b. La « ceinture de la méningite » (zones de savane et Sahel, d’ouest en est, du Sénégal à l’Éthiopie) reste la principale zone d’endémie. La transmission est favorisée pendant la saison sèche (généralement hiver et printemps).

En France, la vaccination contre les serotypes A, C, W, Y est désormais obligatoire chez les nourrissons de moins de deux ans.

La vaccination est recommandée pour les voyageurs:

  • se rendant dans une zone où il y a une épidémie active de méningite A, C, W, Y notamment notamment la « ceinture de la méningite » en Afrique subsaharienne : zones de savane et Sahel, d’Ouest en Est, du Sénégal à l’Éthiopie, au moment de la saison sèche, favorable à la transmission du méningocoque (habituellement hiver et printemps).
  • se rendant dans une zone d’endémie d’IIM A, C, Y ou W pour y exercer une activité dans le secteur de la santé ou auprès des réfugiés, quelle que soit la saison.

Certains pays ont une politique vaccinale différente de la France ce qui peut une vaccination lors de séjours prolongés dans ces pays. Aux états unis, la vaccination contre les sérotypes A, C, W, Y est recommandée chez les 11-12 ans avec un rappel à 16 ans. La vaccination contre le sérotype B est possible chez les adolescents en ciblant les 16-18 ans.

En dehors de l’Afrique subsaharienne, la vaccination contre le méningocoque doit tenir compte des recommandations vaccinales du pays de destination surtout pour les adolescents et les jeunes adultes.

Cas particulier du pèlerinage à la Mecque :

Une vaccination contre les sérotypes A, C, W, Y datant de plus de 10 jours et de moins de 3 ans est obligatoire pour obtenir un visa pour l’Arabie saoudite à partir de 2 ans. Elle doit être attestée par un certificat international de vaccination.

La durée de validité administrative de la vaccination par le vaccin méningococcique tétravalent conjugué est de 5 ans. Il faut préciser sur le certificat international de vaccination qu’il s’agit d’un vaccin conjugué (Meningococcal conjugate tetravalent ACWY vaccine) ; faute de cette mention, ou en cas de vaccination avec un vaccin non conjugué, la durée de validité du certificat est de 3 ans.

La Rage

La rage est une ebcéphalite virale transmise par les mammifères carnivores en particulier les chiens, mais aussi les chats, les renards, les chauve-souris et d’autres animaux sauvages. Le virus est transmis par les morsures ou les griffures d’animaux infectés, l’incubation est longue de plusieurs semaines à plusieurs mois. Un fois que les symptômes apparaissent, la maladie est en général fatale. Ses symptômes sont : fièvre et maux de tête, tremblements et douleurs musculaires, convulsions et coma. La quasi totalité des décés humains à cause de la rage sont consécutifs à des transmissions par des chiens domestiques. Les voyageurs doivent donc éviter les contacts avec les carnivores domestiques (chat, chien) dans les zones à risque (cf Figure 4) et avec les carnivores sauges, les primates et les chauve souris partout dans le monde.

Figure 4: Pays dans lesquels la rage canine est présente.

En dehors des recommandations de vaccination contre la rage des personnels exposés, la vaccination préventive contre la rage est recommandée pour les voyageurs devant effectuer dans les zones à haut risque (Asie, Afrique y compris l’Afrique du Nord, Amérique du Sud), un séjour :

• prolongé ou aventureux avec un risque élevé de contact avec des animaux domestiques ou sauvages, camping ou exploration de grottes (spéléologie) par exemple ;

• en situation d’isolement géographique ne permettant pas une prise en charge rapide.

Dans les zones à risque, la vaccination est recommandée chez les enfants dès qu’ils marchent car ils ont plus de risques d’exposition par morsure ou de contact mineur avec des animaux contaminés. Quel que soit le statut vaccinal pré-exposition vis-à-vis de la rage, toute exposition suspectée ou avérée à la rage doit faire l’objet d’une prise en charge globale et immédiate : lavage de la plaie durant 15 minutes à l’eau et au savon, désinfection et consultation dans les meilleurs délais en vue d’une prophylaxie post-exposition (PPE).

Le schéma de vaccination des personnes en bonne santé est de deux injections à J0 et J7 sans rappel ultérieur. Trois doses sont réalisées à J0, J7 et J21 chez les personnes immunodéprimées.

Quelle protection contre les moustiques dois je choisir?

Comme nous l’avons vu, les maladies des voyageurs sont le plus souvent transmises par les moustiques. D’autres arthropodes comme les tiques ou les phlébotomes peuvent transmettre des maladies, nous ne les évoquons pas dans cet article car il n’y a pas de vaccin disponible.

En règle générale les personnes qui  voyagent vers des destinations chaudes et tropicales doivent appliquer sur leurs peaux des répulsifs cutanés et dormir la nuit sous une moustiquaire.

Usage des répulsifs cutanés

Tableau 3: Caractéristiques des principaux répulsifs antimoustiques.

Certaines précautions sont à respecter pour l’usage de répulsifs cutanés :

  • ne pas appliquer directement sur la peau, appliquer d’abord sur les mains
  • n’appliquer les répulsifs que sur la peau exposée pas sur celle qui est sous les vêtements
  • en cas d’application de crème solaire, il faut attendre 20 minutes avant d’appliquer l’antimoustique
  • ne pas pulvériser prés d’une flamme

Quand prendre des médicaments antipaludiques?

Le paludisme est une maladie infectieuse grave causée par le parasite Plasmodium, principalement transmis par les piqûres de moustiques femelles du genre Anopheles. Les zones les plus à risque de paludisme sont essentiellement situées dans les régions tropicales et subtropicales :

  • l’Afrique subsaharienne représente environ 90% des cas et des décès dus au paludisme dans le monde. Les pays les plus affectés sont le Nigeria, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, l’Ethiopie, le Kenya, le Mozambique, et l’Afrique du Sud.
  • En Asie, dans la plupart des destinations touristiques, le risque de paludisme est faible. Il persiste un risque important dans les îles Salomon et en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), et dans certaines zones frontalières de l’Asie du Sud-Est ASE peu fréquentées (sud-ouest Pakistan, nord-est Afghanistan, nord et sud-ouest de la Birmanie).
  •  Amérique centrale et du sud : La plupart des destinations touristiques ne sont pas touchées par le paludisme à l’exception des régions amazoniennes de la Bolivie, du Pérou de l’équateur et de la Colombie. L’incidence pourrait à Venezuela à cause de l’abandon de certaines politiques de lutte.
  • Afrique du Nord et Moyen-Orient : la Tunisie, l’Égypte, et l’Iran, peuvent connaître des épidémies saisonnières, notamment pendant les périodes d’immigration ou de déplacement de populations.
  • Pays des Caraïbes : des îles comme la République Dominicaine, Haïti, et la Jamaïque ont des cas de paludisme, bien que les taux soient généralement plus faibles.

En France, les personnes les plus exposées au paludisme d’importation sont celles issues de l’immigration surtout si elles viennent d’Afrique subsaharienne. Les personnes qui font des voyages de courtes durées sont moins exposées surtout si elles se déplacent vers des zones urbaines ou de faible endémie. Le risque est plus élevé si l’on voyage vers des zones rurales et pour une durée plus longue. Les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, immunodéprimées sont à risque de paludisme grave.

La première protection contre le paludisme est l’utilisation de répulsifs cutanés antimoustiques ou de moustiquaires imprégnées d’insecticides.

Chimioprophylaxie antipaludique

La décision de prendre des médicaments antipaludiques dépend de la destination ainsi que de la durée du séjour. Les médicaments les plus courants sont la Malarone (Atovaquone proguanil) et la doxycycline. La prise quotidienne d’un traitement préventif adapté contre le paludisme doit être poursuivi durant toute la durée du séjour ainsi que 7 jours (pour l’atovaquone-proguanil) ou 28 jours (pour la doxycycline) après le retour.

La chimioprophylaxie est recommandée pour les séjours prolongés en Afrique subsaharienne surtout si le séjour se déroule en zones rurales. Les mesures de protection contre les moustiques sont suffisantes pour les voyages touristiques et professionnels courts avec des nuitées en ville à destination de l’Asie et de l’Amérique tropicale.

A l’exception de l’Afrique subsaharienne, la seule destination ne justifie pas de mettre en place une chimioprophylaxie. Il faut tenir compte d’autres paramètres :

  • de la saison car la contagiosité augmente en saison des pluies.
  • de l’altitude : le paludisme ne se transmet pas habituellement pas au-dessus de 1500 mètres d’altitude en Afrique et de 2500 mètres en Amérique du Sud ou en Asie.
  • de la durée du séjour car la plupart des cas de paludisme surviennent avec plus d’un mois de séjour.
  • de la nature rurale ou urbaine de l’hébergement

Le choix de prendre une chimioprophylaxie dépend donc de la nature du voyage, des contre-indications éventuelles au traitement et au risque d’effets indésirables (cf Tableau 4).

Tableau 4: Recommandations de prise des médicaments antipaludiques.

Tous les médicaments antipaludéens sont soumis à prescription. L’association atovaquone-proguanil et la doxycycline sont les médicaments de première intention d’efficacités comparables. Le choix dépend de la tolérance : les effets indésirables digestifs (diarrhées, nausées, vomissements) sont plus marqués avec l’association atovaquone-proguanil, il y a un risque de photosensibilisation et d’ulcération œsophagienne avec la doxycycline. La doxycycline doit être continuée vingt-huit jours après le retour contre seulement sept jours avec l’association atovaquone-proguanil. La doxycycline est contre-indiquée chez les enfants de moins de huit ans et les femmes enceintes.

La méfloquine présente l’avantage d’une prise hebdomadaire et une efficacité comparable mais elle n’est pas recommandée en première intention car elle peut causer des troubles neuropsychiques graves. On peut l’utiliser pour des séjours prolongés en dernière intention.

Comment prévenir et traiter les diarrhées des voyageurs?

Une diarrhée du voyageur est définie comme l’émission, pendant ou au retour de voyage, de trois selles non moulées en 24 heures. On considère que 20 à 50% des voyageurs vers des pays à risque ont souffert de diarrhées. Les pays les plus à risque sont l’Afrique subsaharienne, l’Asie du sud et du sud-est ainsi que l’Amérique latine. Le risque de diarrhée augmente avec la durée du voyage.

Ce que l’on appelle « turista » est en général un épisode bénin, spontanément résolutif en 2-3 jours et qui survient pendant le séjour ou dans les sept jours suivant le retour. On distingue les diarrhées aiguës (bénignes, modérées ou graves selon le degré de perturbation des activités quotidiennes) et les diarrhées persistantes évoluant sur plus de deux semaines.

Les diarrhées du voyageur sont le plus souvent d’origine bactérienne (les principales bactéries responsables sont Salmonella typhi, Campylobacter jejuni, le Shigella dysenteriae, et le Enterotoxigenic Escherichia coli), virale (principalement causées par le norovirus et l’adénovirus) ou parasitaire (les principaux parasites sont le Giardia lamblia, le Cryptosporidium parvum, et le Entamoeba histolytica).

Prévention

L’hygiène est le principal moyen de prévention contre les diarrhées des voyageurs :

  • lavage des mains avant chaque repas et lors de tout contact avec des aliments.
  • préférer les plats chauds et éviter d’acheter des aliments dans la rue dont la chaîne du froid aurait pu être rompue
  • consommer de préférence de l’eau en bouteille encapsulée ou rendue potable par ébullition ou par l’utilisation de comprimés purificateurs d’eau.
  • éviter la consommation de glaçons, de jus de fruits artisanaux, de coquillages, les plats réchauffés et les glaces artisanales.
  • consommer bien cuits les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés.
  • consommer de préférence du lait et des produits laitiers pasteurisés ou bouillis
  • favoriser l’allaitement maternel pour les bébés

La prise de probiotiques peut être utile pour réduire le risque de diarrhées. Des souches comme Lactobacillus acidophilus, Saccharomyces cerevisiae ou boulardii. La vaccination contre le rotavirus est recommandée pour les bébés de moins de 6 mois.

Prise en charge médicale

Une consultation médicale est nécessaire :

  • en cas de forme aiguë intense ou grave
  • dans les formes persistantes surtout pour les enfants de moins de deux ans
  • en cas de fièvre associée aux diarrhées car un paludisme peut se manifester sous la forme d’une gastroentérite fébrile.

La correction de la déshydratation est la première mesure à mettre en œuvre :

  • il faut boire de grosses quantités de liquides salés ou sucrés en alternance ou des solutions de réhydratation chez les jeunes enfants et les personnes âgées.
  • poursuivre l’allaitement chez le nourrisson encore allaité
  • reprendre une alimentation diversifiée dès que possible.

Les signes de déshydratation graves chez les enfants : apathie, bouche sèche, teint pâle, perte d’élasticité de la peau, globe oculaire un peu mou.

En cas de diarrhée grave, glairosanglante les ralentisseurs du transit (comme l’Imodium par exemple) ne doivent pas être utilisé car ils peuvent causer des complications.

Les diarrhées bénignes ou modérées peuvent être traitées par un antisécrétoire (racécadotril ou Tiorfan). Ce médicament est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement par manque de données. Les antidiarrhéiques ralentisseur du transit sont déconseillées (comme Imodium) car ils peuvent induire une constipation et des ballonnements plus dérangeants que la diarrhée elle-même.

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